Sjöbo, berceau d'un sentiment anti-immigration qui s'est banalisé en Suède

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Sjöbo, berceau d'un sentiment anti-immigration qui s'est banalisé en Suède.

Sjöbo (AFP) - Il y a près de 40 ans, les deux tiers des habitants de Sjöbo votaient contre l'accueil de réfugiés, faisant de la commune un symbole de la résistance à l'immigration en Suède.

Une position alors controversée, mais qui trouve aujourd'hui un écho auprès de nombreux électeurs à l'approche des législatives de dimanche.

"Si on peut dire ça comme ça, ce sont finalement les habitants de Sjöbo qui ont eu raison", lance tout sourire Bengt Lundgren, retraité de 89 ans, qui votera ce week-end pour le parti d'extrême droite Démocrates de Suède (SD).

Soutien de l'actuel gouvernement de droite, l'extrême droite est, à quelques jours du scrutin, deuxième dans les sondages.

Avec près de 43% des voix en 2022, le parti jouit d'une popularité particulière à Sjöbo -- bourg encore marqué par son célèbre référendum.

En 1987, l'Etat suédois adopte une nouvelle stratégie pour mieux répartir les réfugiés sur l'ensemble du territoire et demande à la commune d'en accueillir une quinzaine.

Très vite, la question se transforme en affrontement politique entre ceux qui souhaitent les accueillir, et ceux qui s'y opposent.

"N'importe qui peut comprendre que la prochaine génération de Suédois ne sera plus blonde aux yeux bleus", lance alors Sven-Olle Olsson, vivement opposé à cet accueil. L'élu obtient l'organisation d'un référendum pour trancher la question.

Cette décision, inédite, fait les gros titres et une avalanche de journalistes, y compris étrangers, se précipite dans cette petite localité paisible du sud du pays.

- Finie, la fête - 

Le référendum divise profondément les habitants, jusque dans leur vie quotidienne.

"Il y avait un endroit ici où des fêtes de village étaient organisées. Et puis, ce n'était plus possible, parce qu'on ne pouvait plus faire la fête avec quelqu'un qui était pour le +oui+ quand les autres disaient +non+", se remémore Charlotte Ramel depuis la salle municipale de Sjöbo .

Sa mère, qui siégeait à l'époque au conseil municipal, était la principale figure du "oui" -- en faveur de l'accueil de ces réfugiés. Une prise de position lui vaut d'être la cible de nombreuses menaces. Sa résidence est vandalisée.

Le jour du vote arrive, avec une victoire du "non" à près de 68% provoquant une tempête politique dans le pays.

Les choses ont depuis "énormément" changé, veut croire Charlotte Ramel, elle aussi élue municipale et qui tient à faire évoluer l'image de Sjöbo.

Elle souligne que la municipalité remplit désormais, et depuis longtemps, sa part du contrat en accueillant et intégrant les nouveaux arrivants, bien davantage que d'autres communes de la région. 

Car la Suède, elle, a opéré en l'espace d'une décennie un net virage en matière d'immigration.

Longtemps adeptes d'une politique d'accueil généreuse les gouvernements successifs, de gauche comme de droite, ont drastiquement réduit l'accueil après la forte hausse des demandes d'asile en 2015.

Le durcissement s'est encore accéléré lors du dernier mandat, lors de la coopération inédite entre la droite et Démocrates de Suède (SD).

A la tête de la formation d'extrême droite et originaire de la même région que Sjöbo, Jimmie Åkesson est parvenu à imposer ses priorités et à faire chuter encore plus l'immigration. L'accent est désormais mis sur la "remigration" des immigrés vers leurs pays d'origine.

Selon un rapport publié en 2026 par l'Institut suédois d'études sur l'avenir, environ la moitié des Suédois souhaitent accueillir moins de réfugiés. Mais l'opinion reste favorable à l'immigration de travail.

- "Bonne politique" -

Originaire de Sjöbo, Edmir Mehmeti, 24 ans est candidat pour le parti conservateur des Modérés, dont est issu l'actuel Premier ministre Ulf Kristersson, aux prochaines élections.

Et épouse cette politique de fermeté sur l'immigration.

A son arrivée du Kosovo en 1998, sa famille avait pourtant été confrontée à des difficultés. Sven-Olle Olsson, l'organisateur du référendum anti-réfugiés, avait tenté de les empêcher de s'y installer. 

Ce dernier avait appelé leur propriétaire pour le convaincre de ne pas leur louer l'appartement, les présentant comme une famille à problèmes, relate Edmir Mehmeti.

Un matin, la famille découvre une croix gammée peinte sur sa voiture. 

Cette histoire n'a toutefois aucune incidence sur sa position sur l'immigration. 

"Aujourd'hui, en Suède, dire qu'il faut réduire l'immigration, voire expulser davantage de personnes, ce n'est pas controversé", affirme-t-il.

"Très honnêtement, c'est même une bonne politique."

This article was published Friday, 11 September, 2026 by AFP (681 words)
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La commune de Sjöbo, dans le sud de la Suède, le 1er septembre 2026 - Jonathan NACKSTRAND (AFP)

La commune de Sjöbo, dans le sud de la Suède, le 1er septembre 2026 - Jonathan NACKSTRAND (AFP)


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