"French Response", la riposte française désinhibée sur X
Si vous ne connaissez pas un mot, surlignez-le avec votre souris et cliquez sur “Translate” pour le traduire dans la langue de votre choix.
"French Response", la riposte française désinhibée sur X.
Le ministère des Affaires étrangères s'est doté d'un compte pour tenter, avec ironie, de décourager les adversaires de la France dans la guerre informationnelle.
Punchlines anti-Maga, gifs contre la Russie et second degré : le temps des déclarations policées dénonçant les ingérences étrangères et la désinformation ciblant les intérêts français est révolu.
Depuis septembre 2025, le Quai d’Orsay anime sur X le compte @FrenchResponse, un outil diplomatique au ton volontairement ironique.
Exemple : peu après le discours de Donald Trump à Davos, le secrétaire d'État américain Marco Rubio écrit sur X : "Nous voulons des alliés puissants, pas des alliés très affaiblis. L'Europe doit se défaire de la culture qu'elle a créée ces dix dernières années. Sinon, elle s'autodétruira".
Quelques heures plus tard, "French Response" reposte la saillie assortie d'un tableau comparant des indicateurs : espérance de vie, taux d'homicide ou emploi des femmes, montrant que l'Europe a l'ascendant sur les États-Unis.
Le compte a été lancé au moment oùla France, engagée dans la procédure de reconnaissance de l'État de Palestine, essuyait de nombreuses attaques sur les plateformes en provenance des soutiens d'Israël et de la sphère Maga ("Make America great again", le slogan des partisans de Donald Trump).
Pascal Confavreux, Porte-parole du Quai d'Orsay :
"La brutalisation des relations internationales a fait du champ informationnel un nouveau champ de confrontation. (...) Nous choisissons d'occuper l'espace en montant le son et en haussant le ton."
"French Response n'est que la partie émergée de notre panoplie d'outils" pour freiner les contenus hostiles à la France, assure Pascal Confavreux.
Ainsi, l'ambassade de France en Afrique du Sud a "débunké" en direct les fausses allégations proférées par la représentation diplomatique russe, qui accuse la France de détenir illégalement Mayotte.
"Coucou, comment ça va aujourd'hui @EmbassyofRussia ?", lance en anglais le compte de l'ambassade de France.
"Pour info, Mayotte a voté en 1974 pour rester un territoire de la République française (...) Vous voyez ce que c'est un référendum, des élections, la démocratie ? Des mots qui doivent sonner étrangement à vos oreilles".
Derrière "French response" : des diplomates, des anciens journalistes, des factcheckeurs et spécialistes de l'OSINT ("Open Source Intelligence", l’exploitation de données accessibles en ligne).
Le succès est au rendez-vous avec une audience passée en quelques semaines de quelques milliers à près de 80.000 abonnés le 22 janvier et même 100.000 le 23.
"French Response" témoigne d'une "adaptation aux réalités de la guerre informationnelle" avec une bonne communication, estime Ruslan Trad, chercheur associé au laboratoire d'analyse numérique de l'Atlantic Council (DFRLab).
Mais, il met en garde : l’adoption du ton de ses adversaires et les techniques de trolling pose un risque et peut donner "l'impression au public qu'institutions démocratiques et acteurs de la désinformation sont sur le même plan".
Accédez à l'intégralité de l'article, choisissez un abonnement