Dans les Vosges, la nature à l'épreuve d'un tourisme plus envahissant
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Dans les Vosges, la nature à l'épreuve d'un tourisme plus envahissant.
Le Markstein (AFP) - "Le massif est transformé petit à petit en parc d'attraction !" : sur les sommets des Vosges, l'afflux des touristes inquiète les ONG environnementales et menace par endroits la quiétude de la faune protégée, même si leur venue est aussi pain bénit pour la région.
En ce dimanche de fin juillet, en haut du massif du Markstein balayé par un vent frais, Dominique Humbert-Beretti désigne l'objet de son courroux : la grande luge sur rail installée à plus de 1.200 mètres d'altitude.
Ce type d'équipement fait perdre aux Vosges "de leur naturalité, de leur biodiversité et de leur beauté, tout simplement", peste le responsable de l'association SOS Massif des Vosges.
Particulièrement depuis la fin de l'épidémie de Covid, la région a connu un engouement de vacanciers en quête de destinations nature, en provenance surtout du Grand-Est, de l'Ile-de-France et des Hauts-de-France, ainsi que d'Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas.
"Nous accueillons chaque année plus de quatre millions de nuitées, et si on additionne les visiteurs familiaux ou amicaux, on avoisine les dix millions de nuitées, c'est un levier considérable au niveau économique", soulignait en juin le président du conseil départemental des Vosges, François Vannson.
Les retombées touristiques représentent un petit milliard d'euros. "Par les temps qui courent, on ne crache pas dessus".
Mais le succès a ses revers, quand la célèbre Route des Crêtes est envahie de voitures de sport, de motos, ou bordée de longues files de camping-cars, et que les sites n'arrivent plus à canaliser le flux de visiteurs.
Comme aux cascades du Tendon, qui attirent 120.000 à 130.000 visiteurs par an, soit quasiment deux fois plus qu'avant le Covid, assure le maire Gérard Clément. Depuis 2024, les offices de tourisme ont d'ailleurs retiré ce site de leurs plaquettes, pour juguler l'affluence.
Lorsqu'on fait partie "des sites instagrammables, cela veut dire qu'on ne maîtrise rien", constate l'édile de la commune des Hautes-Vosges de quelque 500 habitants.
Outre le parking à proximité de la cascade, il évoque les dommages causés par les piétinements des sentiers et les attroupements.
Une fréquentation encore exacerbée "par les périodes de chaleur intense", quand les citadins de Strasbourg, Colmar ou Mulhouse viennent s'y aérer pour le week-end.
Les animaux sauvages souffrent aussi. Non loin de là, devant la forêt domaniale de Housseramont, Louis-Michel Nageleisen fait état d'un "dérangement continu" de la faune.
Avec le manque de neige lié au réchauffement climatique, les stations de ski se reconvertissent dans des équipements estivaux - luges, pistes de VTT ou autres activités de groupe. Le secteur doit développer un "tourisme de qualité", à destination des familles, analyse le président du conseil départemental.
"On a beaucoup de monde en période estivale, c'est normal et heureusement parce que c'est ce qui fait vivre aussi le territoire", souligne Blandine Jonard, directrice adjointe de l'office de tourisme de Gérardmer.
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Vue aérienne de camping-cars stationnés le long de la "Route des crêtes" dans les Vosges, le 16 juillet 2026 à Oderen - SEBASTIEN BOZON (AFP)