Danemark : la confirmation, rite de passage incontournable mais de moins en moins chrétien

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Danemark : la confirmation, rite de passage incontournable mais de moins en moins chrétien.

Copenhague (AFP) - "Au début, c'était pour les cadeaux et la fête, si je dois être entièrement honnête", sourit Nora Pihl, 15 ans, qui a fait sa confirmation mais, comme une frange grandissante de la jeunesse danoise, a refusé de suivre un rituel religieux.

Dans le petit pays scandinave où Eglise et Etat ne sont pas séparés, la confirmation chrétienne a longtemps été obligatoire pour obtenir une pièce d'identité, travailler ou se marier et son existence s'est ancrée dans la culture collective.

Si l'Eglise luthérienne danoise insiste sur la dimension culturelle et quasiment désacralisée de l'événement, être confirmé reste en théorie la profession publique de sa foi devant la communauté chrétienne.

La confirmation est "un rite de passage très alléchant, une part très importante de la culture danoise", note Henrik Reintoft Christensen, maître de conférence en sciences de la religion à l'Université d'Aarhus.

"Il y a eu une explosion d'alternatives au cours des 10, 15 dernières années, et la confirmation humaniste est de loin la plus importante", explique-t-il.

Les jeunes Danois ont l'embarras du choix entre confirmation civile ou humaniste, à moins d'opter pour une "autofirmation" - obtenue à l'issue d'un parcours encourageant la découverte de leur personnalité - ou alors l'organisation d'une simple fête sans formation préalable.

Ces alternatives "attirent les jeunes qui souhaitent participer à cette célébration culturelle nationale du passage de l'enfance à l'adolescence, et qui considèrent la confirmation chrétienne comme une cérémonie très religieuse", insiste l'universitaire.

En 2000, les 14-15 ans étaient 79% à faire leur confirmation à l'Eglise luthérienne, 25 ans plus tard, ils ne sont plus que 66%.

-"Très peu chrétienne"-

De son propre aveu Nora, a toujours été "très peu chrétienne". 

"Je n'ai jamais vraiment cru en Dieu ou ce genre de choses. Donc mes parents se sont dit qu'une confirmation humaniste, ça me correspondait bien. Je ne suis pas chrétienne, mais je peux quand même suivre le parcours et apprendre de nouvelles choses".

Au Danemark, la confirmation est avant tout une étape du vivre ensemble permise grâce à une formation par petits groupes, en marge des cours.

Sans cette préparation, pas de cérémonie finale, et donc pas de fête ni de cadeaux.

Pour Nora, la grand messe laïque, empreinte de solennité, s'est déroulée dans l'auditorium de la bibliothèque royale. Sous l'œil bienveillant de leurs familles, les jeunes ont obtenu leur diplôme de confirmation, qui sanctionne leur démarche.

"On apprend beaucoup sur la façon de devenir une meilleure personne et sur la manière de se comporter envers les autres", salue Nora.

"Il y a tellement de jeunes qui ne font pas de confirmation chrétienne, organisent une fête à la place, et ensuite, ils ont l'impression que quelque chose leur manque", constate Kirstine Kaer, qui préside l'association humaniste du Danemark.

"Je pense que les jeunes veulent trouver du sens" dans la confirmation humaniste, où l'on parle beaucoup d'éthique, insiste-t-elle.

C'est le cas de Nora ravie d'une cérémonie chaleureuse suivie d'une grande fête.

C'est aussi une manière de rester dans la norme dans une société très homogène.

"Quasiment tout le monde fait quelque chose ou reçoit quelque chose, ça ne serait pas naturel de ne rien faire", considère son père Martin.

- Classicisme -

"Je vois ce que ça lui a apporté, je crois vraiment que c'est quelque chose de formidable", souligne-t-il.

Si Nora a refusé la confirmation traditionnelle, elle a opté pour une robe blanche classique, le costume consacré pour cet événement.

Dans le petit pays scandinave, faire sa confirmation peut s'affranchir du classicisme et même devenir très onéreux.

"Plus de gens ont plus d'argent (..) conduisant à des trucs ridicules : des enfants qu'on vient chercher en limousine ou qu'on embarque en hélicoptère", déplore Martin.

En 2025, une enquête de la banque Nordea a estimé qu'en moyenne, les parents danois dépensaient 39.000 couronnes (5.200 euros) pour organiser une fête de confirmation pour leur ado.

A la demande de Nora, ses parents ont préféré un spectacle de talents avec famille et amis.

This article was published Monday, 7 September, 2026 by AFP (645 words)
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Nora Pihl, une Danoise de 15 ans, se fait coiffer par sa mère, Anne Pihl, le 23 mai 2026 à Copenhague, avant sa confirmation - Camille BAS-WOHLERT (AFP)

Nora Pihl, une Danoise de 15 ans, se fait coiffer par sa mère, Anne Pihl, le 23 mai 2026 à Copenhague, avant sa confirmation - Camille BAS-WOHLERT (AFP)


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