À Saint-Malo, le logement reste une bataille malgré les remparts contre AirBnB
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À Saint-Malo, le logement reste une bataille malgré les remparts contre AirBnB.
Saint-Malo (AFP) - Saint-Malo a endigué la vague AirBnB grâce à des quotas mais, comme d'autres villes touristiques saturées par les locations touristiques et les résidences secondaires, elle cherche encore des leviers pour préserver les logements des habitants permanents.
"Dès le début de notre mandat en 2020, nous avons voulu réguler une inflation très forte des locations de courte durée" alors que des "immeubles entiers" étaient convertis en meublés touristiques, explique à l'AFP le maire (DVD) Gilles Lurton, candidat à sa réélection aux municipales de mars.
En 2021, il met en place une des réglementations les plus strictes en France. La cité balnéaire impose un enregistrement obligatoire pour louer à des touristes et limite cette activité à un seul logement par propriétaire.
En outre, elle fixe des quotas par zone géographique. Ainsi, dans le célèbre quartier des remparts, seuls 12,5% des logements peuvent devenir des locations touristiques.
Attaquée en justice par des propriétaires, la mesure a été validée par le tribunal administratif en 2024.
Elle a inspiré la "loi Le Meur" qui encadre les meublés touristiques au niveau national depuis l'an dernier, s'enorgueillit M. Lurton.
Est-ce un succès ? "Ça a stabilisé la situation. Sans cela, l'augmentation aurait été très forte", estime le maire, tout en reconnaissant ne pas pouvoir chiffrer les logements rendus à l'habitat permanent.
"Je n'ai pas plus de logements à louer à l'année aujourd'hui", affirme Jérôme Lebrun, gérant d'un grand cabinet immobilier malouin et président de la chambre Fnaim pour la Bretagne.
Il pointe "l'effet pernicieux" d'une régulation qui a "un peu pénalisé tout le monde", notamment les propriétaires "qui louaient pour couvrir leurs charges", ainsi que l'écosystème de la location saisonnière qui "a pris un coup".
À l'échelle nationale, AirBnB assure n'avoir "pas constaté d'évolution récente significative du volume d'offres" depuis la loi Le Meur. La plateforme reconnait cependant que "les quotas par quartier constituent une solution adaptée" à des villes comme Saint-Malo.
Poissonnière depuis trente ans dans le centre historique fortifié et pilier de l'association des commerçants, Claire Guinemer dénonce l'"impact négatif" de la régulation.
"Avec les quotas, l'activité a baissé presque tout de suite", selon elle. "Je suis un commerce de proximité, les gens qui louent des AirBnB sont toujours de très bons clients", affirme-t-elle, comme d'autres commerçants du marché voisin.
"On ne pourrait pas vivre à l'année" sans cette clientèle touristique. "Il faut faire attention en légiférant à ne pas casser cet équilibre très fragile", prévient-elle.
La poissonnière, qui vit elle-même dans la vieille ville, assure que de nombreux meublés n'ayant pas reçu l'agrément municipal, souvent des résidences secondaires, "restent vides" désormais une grande partie de l'année.
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Vue aérienne de Saint-Malo, le 2 novembre 20188 en Ille-et-Vilaine - Damien MEYER (AFP)